Capote obligatoire à Los Angeles
Stupeur et consternation alors que nous sommes à Las Vegas pour la sacro-sainte convention des AVN qui rassemble les membres actifs de « l’adult industry » depuis le milieu des années 80. Une loi interdisant la réalisation de séquences pornographiques sans préservatif sur le territoire de Los Angeles a été adoptée avant-hier. Rappelons que L.A. est la capitale mondiale de la pornographie, et que la quasi totalité des productions y sont tournées sans filets. Certes un suivi médical bien plus rigoureux qu’en Europe est imposé, mais il n’est pas sans failles. On aurait pu croire que les pornostars applaudiraient des deux mains à l’annonce de cette nouvelle : il n’en est rien ! Au contraire, ces messieurs-dames (y compris des femmes reconverties dans les cours d’éducation sexuelle (Sic) comme Nina Hartley) chouinent et regrettent déjà de ne plus pouvoir travailler des heures durant sans latex. L’argument principal : cela irrite les muqueuses, et il est inconfortable de se faire prendre en triple anale par Mr Marcus et ses amis pendant trois heures avec capote. Hum.
Les productions menacent de quitter L.A. pour aller se faire voir ailleurs. C’est dire si la capote ils n’en veulent pas. Un bien bel exemple encore que nous donnent l’industrie (car à Los Angeles on peut bel et bien parler d’une « industrie ») pour adultes. « On se casse parce que la capote c’est vraiment trop désagréable ».
Une journaliste de France 24, entre un stand de poupées en silicone et un autre de production gonzo, me demandait hier ce que je pensais de la nouvelle. Je n’ai pu m’empêcher de lui répondre que toutes ces minettes en lycra n’avaient absolument aucune conscience des risques qu’elles couraient, même avec des tests rigoureux. Que cette loi étaient une chance qu’elles étaient visiblement trop stupides pour saisir.
Comment faut-il accueillir cette nouvelle ? Il faut la célébrer, et espérer qu’elle sera respectée. Espérer que les productions ne contournent pas la loi en shootant en dehors de Los Angeles. Parce qu’il semble absolument aberrant que dans un circuit qui propose des pratiques de plus en plus hard (donc de plus en plus risquées) des centaines de personnes travaillent sans protection.
Et en ces temps de baisse de vigilance, comment encourager les gens à se protéger alors que 99% de la production porno mondiale est tournée sans préservatif ? En leur disant, comme le fait Nina Hartley qui vient soudainement de perdre mon respect, qu’il ne faut pas porter de préservatif quand un rapport sexuel est trop long ou trop hard parce que ça irrite ?
Pour ma part, je jubile. 12 ans que j’impose le préservatif sur mes réalisations. 12 ans qu’on m’explique que ce n’est pas « bankable », en particulier à l’étranger. Je savais que justice serait faite un jour. Si les pornostars américaines boudent aujourd’hui, moi pour ma part je savoure la victoire.