Posté par ...:::Ovidie:::... à novembre 7th, 2011 | Commentaires fermés
Je serai sur le plateau d’Envoyé Spécial le 24 novembre pour présenter « Rhabillage », produit par Jean-Jacques Beineix. J’ai réalisé ce film afin d’apporter une réflexion sur la discrimination sociale que subissent les anciennes « stars du X », tant bien dans leur vie professionnelle, que dans leur vie familiale et affective. Ce rejet de la société, qui concerne bien plus les femmes que les hommes, amène à s’interroger sur le sexisme en général et sur l’éternelle dualité du Casanova et de la Salope. D’une manière général, les femmes ayant la cuisse un peu trop légère (ou tout simplement un peu trop libres) peuvent voir se dégrader leur réputation ainsi que le respect qu’elles inspirent. Ce film s’adresse à toutes les femmes que l’on traite de « salopes » sous prétexte qu’elles ont eu l’audace d’avoir une sexualité un peu trop libérée.
Pour regarder la bande-annonce, c’est ici :
http://www.youtube.com/watch?v=CQndEsgWd6s
Ci-dessous, le communiqué de presse :
Un « X » marqué au fer rouge, ou plutôt encré à jamais dans la peau. : le passé des anciennes pornostars est un véritable tatouage social, qui ne peut être ni effacé, ni renié. La médiatisation des actrices de films pornographiques ainsi que l’incontrôlable circulation de leur image sur internet rendent impossible toute tentative de retour à l’anonymat.
À la fois adulées et méprisées, elles doivent faire face quotidiennement aux préjugés : discriminations professionnelles, rejet de leur famille ou de leur communauté, remise en question de leur capacité maternelle, harcèlement de leurs proches, difficile construction d’une vie amoureuse.
Le rhabillage est cette période sensible durant laquelle elles mettent un terme à leur carrière dénudée, et espèrent tourner paisiblement la page. Mais est-il réellement possible de se reconvertir lorsque la nudité a été exposée au grand jour ? Comment reconstruire sa vie lorsque l’on est à ce point stigmatisée ?
« Nina Roberts », « Brigitte Lahaie », « Nomi », « Coralie Trinh Thi », « Eliska Kross », « Carla Nova », des noms célèbres pour les amateurs de pornographie, et qui constituent pour ces femmes une lourde croix à porter. Chacune apporte dans ce film son témoignage avec sincérité, et continue à assumer avec fierté son étiquette. Car si de cette célébrité a découlé pour une douloureuse mise en marge, il est indéniable qu’elle a également positivement contribué à leur construction en tant que femmes.
Qu’elles aient mis fin à leur activité depuis 1 an, 12 ans, 17 ans, ou même 30 ans, toutes dressent ce triste constat : aux yeux de leurs semblables, et peu importent leurs reconversions, elles ne seront sans doute jamais définitivement « rhabillées ».