Points de vue

Tout ressemblance avec des personnages ayant déjà existé serait purement fortuite

Une série sur une actrice porno intello qui fait des études de philo en parallèle. Ca vous rappelle quelqu’un ? C’est le thème de « QI », une série diffusée sur Orange, avec Alysson Paradis dans le rôle principal. Evidemment personne ne m’a informée de ce projet.

http://www.dailymotion.com/video/xnv2pc_bande-annonce-q-i-la-serie_tv

Voici le message que je viens d’envoyer sur facebook au réalisateur de la série (dont je n’attends rien si ce n’est de plates excuses) :
Bonjour,
je viens d’avoir connaissance de votre série qui va être diffusée sous peu. Ce soir me semble-t-il. Quelle tristesse, je n’ai pas la télé.
La courtoisie aurait voulu que vous me contactiez et que vous m’informiez de cette affaire.
J’ai vu une interview d’Alysson Paradis se vantant de n’avoir aucune culture porno et de ne rien connaître à ce milieu. Soit. Mais vous concernant, en tant que réalisateur, et vu le sujet de QI, je doute que vous ne me connaissiez pas.
« Toute ressemblance avec des personnages ayant existé serait purement fortuite » hein, c’est ça je suppose ?

Bref, la découverte de l’existence de cette série aujourd’hui m’a profondément choquée. Surtout choquée de ne pas avoir été mise au courant. Une amère sensation de pillage de vie. Un peu comme Xanadu avec Dorcel père et fils. Sauf que Haut et court avait au moins eu le respect de faire appel aux Dorcel en tant que consultants, et qu’ils m’avaient également envoyé les dvd bien avant leur diffusion sur Arte. Histoire de me prévenir que certaines ressemblances étaient existantes.
J’avais déjà été gênée par les curieuses allusions de Xanadu. Mais là, dans QI, elles sont flagrantes. Trop flagrantes pour se permettre de les diffuser sans même songer un seul instant à me contacter, me prévenir.

Alors vous allez me dire que non, je n’ai rien à voir avec le personnage, que l’inspiration est très éloignée, blablabla. Ok. En attendant, dans toute l’histoire du porno, je crois qu’il n’y a eu qu’un seul et unique antécédent d’actrice de films pornographiques étudiant la philo en parallèle.

Si vous avez un minimum de respect et d’honnêteté intellectuelle, alors vous prendrez la peine de me contacter. Ne serait-ce que pour me dire « ok, désolé, c’est vrai on a merdé et on aurait pu au moins vous prévenir ». Je n’attends rien de plus.

Ovidie

Capote obligatoire à Los Angeles

Stupeur et consternation alors que nous sommes à Las Vegas pour la sacro-sainte convention des AVN qui rassemble les membres actifs de « l’adult industry » depuis le milieu des années 80. Une loi interdisant la réalisation de séquences pornographiques sans préservatif sur le territoire de Los Angeles a été adoptée avant-hier. Rappelons que L.A. est la capitale mondiale de la pornographie, et que la quasi totalité des productions y sont tournées sans filets. Certes un suivi médical bien plus rigoureux qu’en Europe est imposé, mais il n’est pas sans failles. On aurait pu croire que les pornostars applaudiraient des deux mains à l’annonce de cette nouvelle : il n’en est rien ! Au contraire, ces messieurs-dames (y compris des femmes reconverties dans les cours d’éducation sexuelle (Sic) comme Nina Hartley) chouinent et regrettent déjà de ne plus pouvoir travailler des heures durant sans latex. L’argument principal : cela irrite les muqueuses, et il est inconfortable de se faire prendre en triple anale par Mr Marcus et ses amis pendant trois heures avec capote. Hum.

Les productions menacent de quitter L.A. pour aller se faire voir ailleurs. C’est dire si la capote ils n’en veulent pas. Un bien bel exemple encore que nous donnent l’industrie (car à Los Angeles on peut bel et bien parler d’une « industrie ») pour adultes. « On se casse parce que la capote c’est vraiment trop désagréable ».

Une journaliste de France 24, entre un stand de poupées en silicone et un autre de production gonzo, me demandait hier ce que je pensais de la nouvelle. Je n’ai pu m’empêcher de lui répondre que toutes ces minettes en lycra n’avaient absolument aucune conscience des risques qu’elles couraient, même avec des tests rigoureux. Que cette loi étaient une chance qu’elles étaient visiblement trop stupides pour saisir.

Comment faut-il accueillir cette nouvelle ? Il faut la célébrer, et espérer qu’elle sera respectée. Espérer que les productions ne contournent pas la loi en shootant en dehors de Los Angeles. Parce qu’il semble absolument aberrant que dans un circuit qui propose des pratiques de plus en plus hard (donc de plus en plus risquées) des centaines de personnes travaillent sans protection.

Et en ces temps de baisse de vigilance, comment encourager les gens à se protéger alors que 99% de la production porno mondiale est tournée sans préservatif ? En leur disant, comme le fait Nina Hartley qui vient soudainement de perdre mon respect, qu’il ne faut pas porter de préservatif quand un rapport sexuel est trop long ou trop hard parce que ça irrite ?

Pour ma part, je jubile. 12 ans que j’impose le préservatif sur mes réalisations. 12 ans qu’on m’explique que ce n’est pas « bankable », en particulier à l’étranger. Je savais que justice serait faite un jour. Si les pornostars américaines boudent aujourd’hui, moi pour ma part je savoure la victoire.

Peut-on être star du X et féministe ?

C’est cette question que pose le Nouvelobs, dans un article consacré aux 20 ans du Journal du Hard, diffusé samedi 7 janvier dernier.

Très intéressant article, pour lequel j’avais été interviewée, et dont je vous conseille la lecture. Le débat est, pour une fois, élevé. Merci à la journaliste Valérie Domain, et à Olivier Ghis du Journal du Hard pour la pertinence de ses propos.

http://tempsreel.nouvelobs.com/tendance/20120106.OBS8264/peut-on-etre-star-du-x-et-feministe.html

Tous égaux devant l’infidélité

Je n’en peux plus de lire ce genre de conneries… http://fr.news.yahoo.com/sociologue-américain-justifie-linfidélité-hommes-084200509.html

Depuis quelques années on nous bombarde d’articles et de livres (made in U.S. principalement, mais également made in France) justifiant la nature infidèle des hommes. Explications tantôt darwinistes à coup de comparaison avec les grands primates (Réinventer le couple, Philippe Brenot, qui, par ailleurs est intéressant), tantôt génétique et inscrit dans une stratégie de reproduction (Sperm Wars, de Robin Baker). Et je vous épargne les les milliers d’arbres sacrifiés pour la conceptions d’ouvrages pour justifier l’aspect tant psychologique que sociologique de la chose.

En clair, il devient consensuel d’affirmer que l’homme (avec un petit « h » et pas un grand) est infidèle par essence. « Parce que c’est un animal ». « Parce qu’il tend à assurer la continuité de l’espèce ». « Parce qu’il a un problème psy à régler avec sa maman ». « Parce que la société le pousse à une grande consommation des corps ». « Parce qu’il ne veut pas mettre en péril son couple » (sic).

Ok, soit. C’est entré dans les moeurs et dans les mentalités. Les hommes sont infidèles, on ne va pas en vouloir à ces petits choux, puisque c’est génétique. Nous avons fini par intégrer cette idée, monogamy is dead.

A vrai dire, ça ne m’horripilerait pas tant que ça si c’était l’infidélité en général, les deux sexes à égalité, qui était discutée. Sauf que dans l’inconscient collectif, c’est exclusivement l’infidélité MASCULINE qui est justifiée. L’homme est tout pardonné, puisque c’est dans sa nature, vous comprenez. La femme… « Mais enfin la femme, c’est différent ! Les femmes n’ont pas besoin de chasser ! Les hommes sont des prédateurs ! Alors qu’il est dans la nature de la femme de se centrer sur sa progéniture ! ». Bref, visiblement seuls les hommes ont des pulsions et des désirs, alors que les femmes sont censés conserver leurs yeux dans leur poche. Et quand elles osent un peu trop exprimer leurs désirs et besoins, on prétend qu’elles « ne se respectent pas ». Et d’ailleurs, globalement, les femmes à la cuisse légère sont souvent peu respectées… Les salopes, les Don Juan, toujours pareil…

Alors si on pouvait enfin arrêter de publier des articles aussi cons (et aussi lus, c’est ça qui m’inquiète) ! L’infidélité féminine concerne AUTANT les femmes que les hommes. Il faudrait enfin que cela rentre dans les caboches. Ensuite, libre à chacun d’applaudir des deux mains ou de s’en désoler. C’est un autre débat.

Contre la pénalisation des clients de prostituées

La pétition est toujours d’actualité ! A signer et à faire circuler !

http://www.nonalapenalisationdesclientsdeprostituesprostituees.net/

Rhabillage sur Envoyé Spécial

Je serai sur le plateau d’Envoyé Spécial le 24 novembre pour présenter « Rhabillage », produit par Jean-Jacques Beineix. J’ai réalisé ce film afin d’apporter une réflexion sur la discrimination sociale que subissent les anciennes « stars du X », tant bien dans leur vie professionnelle, que dans leur vie familiale et affective. Ce rejet de la société, qui concerne bien plus les femmes que les hommes, amène à s’interroger sur le sexisme en général et sur l’éternelle dualité du Casanova et de la Salope. D’une manière général, les femmes ayant la cuisse un peu trop légère (ou tout simplement un peu trop libres) peuvent voir se dégrader leur réputation ainsi que le respect qu’elles inspirent. Ce film s’adresse à toutes les femmes que l’on traite de « salopes » sous prétexte qu’elles ont eu l’audace d’avoir une sexualité un peu trop libérée.

Pour regarder la bande-annonce, c’est ici :

http://www.youtube.com/watch?v=CQndEsgWd6s

Ci-dessous, le communiqué de presse :

Un « X » marqué au fer rouge, ou plutôt encré à jamais dans la peau. : le passé des anciennes pornostars est un véritable tatouage social, qui ne peut être ni effacé, ni renié. La médiatisation des actrices de films pornographiques ainsi que l’incontrôlable circulation de leur image sur internet rendent impossible toute tentative de retour à l’anonymat.

À la fois adulées et méprisées, elles doivent faire face quotidiennement aux préjugés : discriminations professionnelles, rejet de leur famille ou de leur communauté, remise en question de leur capacité maternelle, harcèlement de leurs proches, difficile construction d’une vie amoureuse.

Le rhabillage est cette période sensible durant laquelle elles mettent un terme à leur carrière dénudée, et espèrent tourner paisiblement la page. Mais est-il réellement possible de se reconvertir lorsque la nudité a été exposée au grand jour ? Comment reconstruire sa vie lorsque l’on est à ce point stigmatisée ?

« Nina Roberts », « Brigitte Lahaie », « Nomi », « Coralie Trinh Thi », « Eliska Kross », « Carla Nova », des noms célèbres pour les amateurs de pornographie, et qui constituent pour ces femmes une lourde croix à porter. Chacune apporte dans ce film son témoignage avec sincérité, et continue à assumer avec fierté son étiquette. Car si de cette célébrité a découlé pour une douloureuse mise en marge, il est indéniable qu’elle a également positivement contribué à leur construction en tant que femmes.

Qu’elles aient mis fin à leur activité depuis 1 an, 12 ans, 17 ans, ou même 30 ans, toutes dressent ce triste constat : aux yeux de leurs semblables, et peu importent leurs reconversions, elles ne seront sans doute jamais définitivement « rhabillées ».

Point G

Affligeant : une étude pseudo scientifique basée sur l’observation de jumelles prétend démontrer que le point G n’existe pas. Et personne ne semble s’offusquer d’une telle aberration et d’un tel déni du plaisir féminin. « Mais non le point G n’existe pas, et d’ailleurs peut-être bien que  le clitoris non plus. » Après tout pourquoi ne pas pousser le raisonnement jusque là ? « L’orgasme féminin ? Une légende ! Les femmes sont si cérébrales et romantiques, alors que les hommes ne sont que des monstres de perversité. Elles ne peuvent pas jouir, ce n’est pas possible ». Voyez si nous poussons le raisonnement loin ? Le retour en arrière que cela implique ? On commence par nier l’existence du point G , on finit par nier l’existence du plaisir vaginal, puis, pourquoi pas, du plaisir clitoridien.

Cette article http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/1262625421/article/le-point-g-nexiste-pas/ cite Dolto qui dit en gros, que le sexe n’est pas qu’une question anatomique, et que même le bout du nez pourrait être appelé « le point G prime ». Certes, le sexe n’est pas qu’une question d’anatomie, l’intellect joue énormément. Mais nier totalement le rôle du corps est d’une bêtise incroyable. Pourquoi dans ce cas ne pas nier le rôle du clitoris dans le cadre de l’orgasme ? Pourquoi ne pas nier également que les hommes prennent du plaisir avec leur pénis ?

Les femmes qui jouissent par la stimulation du point G ne sont pas des cinglées, mythomanes et / ou hystériques. Comment peut-on encore remettre en question un plaisir qui concerne autant de femmes ? Pourquoi nier l’existence d’une zone qui est palpable et même visible à l’oeil nu  ? Que faire de toutes les études pondues sur le sujet ? Que penser de l’emplacement des glandes de Skenes situées – comme par hasard – pile poil à cet endroit ? Que dire également de l’éjaculation féminine, souvent si liée à la stimulation de cette zone ?

Un seul adjectif me vient à l’esprit à propos de cette étude et, surtout, des journalistes qui reprennent fièrement les résultats de cette étude : écoeurant de bêtise.

Enfin un sujet tabou abordé…

France 2 a, paraît-il, diffusé récemment un reportage sur la sexualité des personnes handicapées. Je ne l’ai pas vu, je le regrette, mais je ne regarde pas la télé. Je ne connais donc pas la teneur de ce reportage. Mais il semble que l’effet positif de cette diffusion soit qu’enfin ce sujet si tabou soit abordé. Ci-dessous, un article très intéressant de Rue89 :

http://www.rue89.com/rue69/2009/11/15/suisse-des-assistants-sexuels-pour-les-handicapes-mentaux