Archive de : novembre 2009

Histoires de sexe(s) à la fac !

Histoires de sexe(s) a été projeté à la fac de Bordeaux le 19 novembre dans le cadre du très intéressant colloque organisé par Jean-Michel Devesa, « La pornographie et ses industries  : un univers fantasmatique “marchandisé” ? ». Smooth, le dernier film de Catherine Corringer, a également été projeté. Etaient présents de nombreux intervenants dont l’avocat Emmanuel Pierrat.

Histoires de sexe(s) avait déjà été projeté en public lors de l’avant-première au MK2 Bibliothèque, et lors du Pornfilm festival (qui, contrairement à ce que son nom indique, n’est pas réellement un festival « porno », mais plus un festival de cinéma indépendant jouant avec le sexe explicite). Mais projeter ce film dans un cadre universitaire et devant un public loin d’être conquis d’avance était une perspective quelque peu angoissante. Pourtant, la projection, ainsi que le débat qui s’en est suivi, se sont relativement bien déroulés. Les gens ont, je crois, passé un moment agréable. Qu’ils ne disent pas le contraire, je suis restée dans la salle et les ai entendu rire (ce qui est plutôt rassurant pour une comédie). Une petite déception : quelques ennuis techniques ont perturbé la projection. Mais cela n’a en rien entravé la discussion avec le public, ce qui était le plus important.

Rue 89 en fait ici un petit compte rendu :

http://www.rue89.com/rue69/2009/11/26/on-sinteresse-au-porno-mais-pas-pour-reflechir-a-son-utilite-sociale

Enfin un sujet tabou abordé…

France 2 a, paraît-il, diffusé récemment un reportage sur la sexualité des personnes handicapées. Je ne l’ai pas vu, je le regrette, mais je ne regarde pas la télé. Je ne connais donc pas la teneur de ce reportage. Mais il semble que l’effet positif de cette diffusion soit qu’enfin ce sujet si tabou soit abordé. Ci-dessous, un article très intéressant de Rue89 :

http://www.rue89.com/rue69/2009/11/15/suisse-des-assistants-sexuels-pour-les-handicapes-mentaux

Pour ceux qui ne l’auraient pas vu…

En faisant du tri dans mes favoris, je re-tombe sur ce lien : http://www.visit-x.net/CAMS/US/specials/Rammstein/

Juste un petit regret : le clip a été tourné sans préservatif…

C’est le monde à l’envers…

Christine Boutin contre la censure et pour la réouverture des maisons closes ? Non, non, vous ne rêvez pas, c’est dans le prochain numéro de OPTIMUM spécial porno.

http://fr.news.yahoo.com/69/20091125/tpl-boutin-prte-rouvrir-les-maisons-clos-86098b9.html

Y aurait-il un espoir pour Histoires de sexe(s) ?

Histoires de Sexe(s), le premier film classé X depuis 1996 !

Cela ne s’était pas produit depuis treize ans, la commission de censure a procédé le mardi 6
octobre à la classification X d’une oeuvre cinématographique.
Et nous sommes les détenteurs de ce triste record, coupables d’avoir naïvement présenté au
CNC Histoires de Sexe(s). Ce film a fait l’objet de deux passages en commission.

Affiche Histoires de sexe(s)

Histoires de Sexe(s)

Lors du premier passage, l’obtention d’un visa interdit aux moins de 18 ans sans classification X avait été décidée à l’unanimité. A notre grande surprise, le passage en deuxième commission nous a été fatal. Il ne s’agit pourtant que d’une simple comédie de moeurs, ne contenant ni violence ni propos outrageux, qui n’aurait du susciter aucun débat échevelé au sein de la commission.
Notre crime ? Avoir glissé quelques passages explicites de sexe non simulé, pourtant bien éloignés des codes de la pornographie classique. Ni gros plan, ni obscénité, ni dégradation de la personne humaine.
Histoires de Sexe(s) avait pour ambition de s’affranchir des règles de l’industrie pour adulte. Nous aspirions à sortir du ghetto, le CNC nous y a renvoyé aussi sec. Il est généralement reproché aux pornographes de n’écrire aucun scénario, de ne pas travailler la mise en scène, d’être trop éloignés d’une sexualité réaliste, de dégrader la femme.

Ce film relevait pourtant ce défi : présenter une sexualité non caricaturale, et mettre en scène la complexité de la relation de couple.
Habituellement, les scenarii ne servent qu’à introduire les scènes de sexe qui sont la raison d’exister des films
pornographiques. Dans Histoires de sexe(s), les courts passages explicites ne sont que des illustrations des propos tenus par les protagonistes. 95% de dialogues, pour 5% de sexe, et non l’inverse. Très clairement, il ne s’agit enrien d’un film masturbatoire.Avec ce film, nous attendions l’émergence d’un genre nouveau : celui du film traitant ouvertement de la sexualité,affranchi des codes de la pornographie et de son quota d’éjaculations faciales. Notre souhait n’était pas d’êtreexhibé à un public mineur, puisque nous réclamions une interdiction aux moins de 18 ans. Des films tels queBaise-moi (Virginie Despentes et Coralie Trinh-Thi) ou encore Nine songs (Michael Winterbottom) avaient obtenuun visa d’exploitation -18 sans pour autant être classés X.
A l’ère de l’ultra-violence, nous ne comprenons pas que ce petit film indépendant que nous ne jugions pas
«polémique» subisse la pire sentence que l’on puisse réclamer pour une oeuvre de cinématographie. Plusieurs
mois d’écriture et de casting, un mois de tournage, six mois de montage, auront été récompensés par une
interdiction. Nous seront donc classés au même rang que des films de sex-shops, tournés en trois jours. Un triste retour en arrière, dans un pays se proclamant de la «liberté d’expression».

Laissons les chiffres parler d’eux même, Histoires de sexe(s) c’est :

  • Un scénario de 100 pages
  • Un tournage d’un mois
  • 8 rôles principaux
  • Un processus d’écriture à 4 mains
  • Un film plébiscité lors du dernier Porn film festival à Berlin par un public majoritairement féminin
  • 90% des personnes interrogées considèrent qu’Histoires de sexe(s) devrait avoir une classification moins de 18 ans.
  • 90% des femmes interrogées considèrent qu’Histoires de sexe(s) devrait avoir une classification moins de 18 ans.

Vous voulez en juger par vous-même ?

Alors, à bientôt sur www.histoiresdesexes-lefilm.com